Le Dhikr, en sa réalité, est l'empire de la progression du Mentionné (Allah) sur le cœur, au point où
le Dhikr lui-même disparaît. Le Dhikr est l'une des pratiques les plus bénéfiques que l'on puisse accomplir dans ce monde.
Pour mieux comprendre son essence, je vous recommande cette vidéo du Sheykh MOHAMED RAJAB DIB, qui explique parfaitement quoi dire,
comment le dire et quand le dire : Lien Youtube.
Bien que beaucoup traduisent le Dhikr par « le souvenir d'Allah », cette définition reste incomplète. Le Dhikr va bien au-delà
: il amplifie la capacité cérébrale en fonction des mots répétés. Avec une pratique assidue, il développe la compréhension du
coeur par rapport aux significations profondes de ces mots.
Le Dhikr permet d'atteindre l'état de certitude (Yaqîn) et l'actualisation des significations divines.
Le cerveau, une structure organique composée de milliards de cellules (environ 86 milliards), produit de l'énergie bioélectrique.
Cette énergie est ensuite convertie en énergie radiale, téléchargeant les significations qui se forment en lui dans ce
que nous appelons l'esprit. En général, le cerveau fonctionne à un faible niveau d'efficacité en raison des influences
externes qu'il subit dès le début. Cependant, cette capacité peut être augmentée grâce au Dhikr.
« L'expérience suggère qu'une partie du cerveau gère la mémoire à court terme, nécessitant une intervention verbale, tandis
qu'une autre partie prend le relais une fois que la tâche devient automatique. En d'autres termes, la mémoire peut être
subdivisée non seulement par son contenu, mais aussi par sa fonction. »
Lorsque l'on pratique le Dhikr, c'est-à-dire lorsque l'on répète un mot ou un nom d'Allah, un flux bioélectrique se produit
dans le cerveau. Ce flux est ensuite transféré dans le corps holographique (l'âme) sous forme d'ondes. En répétant
continuellement ce mot en arabe, avec la signification qui lui est associée, le flux bioélectrique se renforce et se propage
à d'autres cellules voisines, augmentant ainsi les capacités cérébrales. Par exemple, lorsqu'on pratique le Dhikr avec le
nom « Al-Murîd » (Celui qui veut, Celui qui désire), les cellules dormantes du cerveau se programment avec la vibration de
la fréquence de ce nom. En peu de temps, la volonté de la personne se renforce, et des choses auparavant impossibles deviennent
réalisables.
Cependant, il est crucial de noter que chaque cerveau est unique. Ainsi, lorsqu'on pratique le Dhikr des noms d'Allah, il est
essentiel de se faire guider par un maître spirituel. Pratiquer le Dhikr sans guidance peut conduire, par
inadvertance, à des influences néfastes, comme celles des djinns, entraînant un abandon inconscient de soi. C'est pourquoi certains saints ont
dit : « Satan sera le guide de celui qui n'a pas de guide. » L'essentiel reste l'intention pure et
la présence du cœur.
Allah nous dit dans le Coran : « Ceux qui, debout, assis ou couchés sur leurs côtés, invoquent Allah et méditent sur la création des cieux et de la terre (disant) : "Notre Seigneur ! Tu n'as pas créé cela en vain. Gloire à Toi ! Garde-nous du châtiment du Feu." » (Sourate 3, verset 191).
"Louange à ALLAH, Lui dont l'impénétrable majesté laisse les coeurs et les raisons perplexes, et dont les prémices
de l'éblouissante lumière confondent les regards... L'honneur de l'homme, et la prérogative qui le place au dessus
d'un grand nombre de créatures, ne sont autres que cette prédisposition qu'il a à connaitre le Très Haut. Cette
prédisposition est sa parure et sa perfection en ce monde, de même qu'elle est son viatique et son épargne pour
l'autre monde.
L'être humain est prédisposé à celà grâce à son coeur, non grâce à un autre organe. Le coeur est en
l'homme cette part qui connait ALLAH, qui se rapproche de Lui, qui tend vers lui, et qui perçoit intuitivement ce qu'il
veut. Le coeur est ensuite cette part de l'homme qui reçoit l'agrément de son Seigneur lorsqu'elle est purifiée de tout
ce qui n'est pas Lui, mais qui est voilée à Sa présence lorsqu'elle est absorbée par les altérités. Le coeur est cette
part qui adresse à ALLAH les requêtes et les confidences, et qui devant lui se blâme, qui tire joie de Sa proximité.
Par l'obscurité ou la lumière que le coeur projette se manifestent les mérites ou les démérites apparents tant
il est vrai qu'un récipient ne peut verser que ce qu'il contient. L'homme connait-il son coeur qu'il se connait soi
même; et se connait-il soi même qu'il connait son Seigneur. Or la plupart des gens ignorent leur coeur et leur propre
personne. Ce qui s'oppose à leur propre connaissance est le fait que :"ALLAH s'interpose entre l'homme et son coeur"
(VIII:24)
Quand ALLAH prend en charge les affaires du coeur, la miséricorde innonde celui-ci, et la lumière s'y
répand, la poitrine se dilate, les secrets du royaume céleste y sont révélés,le voile qui l'aveuglait se dissipe
subtilement, et les vérités du Divin y brillent de mille feux. Le serviteur n'a qu'a se prédisposer par sa seule
purification, sa vigilante détermination, sa sincère volonté, son ardente soif, et son attente active et assidue de
ce qu'ALLAH voudra bien lui accorder de miséricorde.
L'aspirant sur la voie spirituelle doit s'efforcer de ne penser qu'au Très Haut. Et une fois installé dans sa retraite, prononcer sans relache le Nom "ALLAH", "ALLAH", le coeur attentif à cette invocation. Il parviendra, ensuite à un état ou il cesse de mentionner ce nom avec sa langue, comme si ce mot continuait à être prononcé par celle-ci et persévérer tant que la mention s'efface de sa langue mais perdure dans son coeur".('Ajâ'ib al qalb, Al Ghazali)
L'une des portes secrète du coeur ne s'ouvre que pour ceux qui se consacrent au souvenir du très Haut.
Al Ghazali raporte que le Prophète (ﷺ) a dit : " La préséance va aux solitaires", qui sont les solitaires lui demanda t'on?
Il répondit: "Ceux qui se transcendent eux-mêmes par l'invocation d'ALLAH, son invocation les décharge de leur fardeaux,
si bien qu'ils arriveront légers au jour du jugement." Puis il ajouta: "J'approche d'eux mon visage. Or penses tu que quelqu'un
puisse savoir ce que Je donne à ceux vers qui Je tourne mon visage? La première des choses que Je leur donne est la lumière dans
leur coeur afin qu'ils soient informés sur Moi comme je suis informé sur eux".
Le seul moyen de se protéger des suggestions
malignes est de fermer les portes des pensées. Les portes extérieures sont les 5 sens, les portes intérieures sont les désirs
et les attachements à ce bas monde. L'isolement dans une pièce sombre et silencieuse ferme la porte des sens, l'abstinance des
femmes et des biens matériels restreint l'accès des suggestions malignes de l'intérieur. Quand au jêune c'est le bouclier du
soufi. Ce qui demeure "Quand l'homme s'est rendu familier avec le dhikr, il se sépare
de tout autre chose. Or à la mort, il est séparé de tout ce qui n'est pas Dieu. Dans le tombeau, il ne lui reste ni épouse,
ni enfants, ni biens, ni amis. Ce qui reste, c'est seulement le dhikr. Si ce dhikr lui est familier, il y trouve son plaisir et
il se réjouit que les obstacles qui l'en détournait aient été éloignés...
De sorte qu'il se trouve comme seul avec son
Bien Aimé. Ainsi l'homme, après la mort, trouve son plaisir dans cette familiarité. Oui, il est prit sous la protection de Dieu
et s'élève de la pensée de la rencontre à la rencontre elle même." (Ihyâ' III, 64 Al Ghazali)
J'ai mis un marque-page sur la chaîne YouTube Alfalaah, d'où est tirée la vidéo suivante :
heart&soul, ainsi que sa transcription. Comme on peut s'en douter,
le Dhikr est à pratiquer "avec abondance, abondance..." Les convenances indiquent de le pratiquer après une ablution et deux rakats,
si possible en état de jeûne, et de préférence "dans le dernier tiers de la nuit", mais ce n'est pas une obligation.
Ce Dhikr est facile à retenir. De plus, pour ceux qui, comme moi, ne pratiquent pas la langue du Prophète (ﷺ),
ces paroles ne sont pas tout à fait étrangères. Le fait de répéter les 14 premiers Noms facilite grandement l'apprentissage.
On peut varier les pratiques, par exemple en récitant 3 Dhikrs avec ces noms, puis 3 autres avec les 15 suivants, et ainsi de suite.
Le but ultime étant de mémoriser les 99 noms d'Allah !
Voici une liste des invocations composant ce Dhikr :
Vous pouvez, si vous le souhaitez, imprimer ce dhikr ou le retrouver sur la page des auteurs. On remarque que ce Dhikr est composé d'une partie "Allah" et d'une partie "Astafirullah". Bien sûr, on peut l'adapter et multiplier les combinaisons, mais surtout les récitations. La vidéo originale dure un peu plus d'une heure. L'idéal pour commencer est de pratiquer ce Dhikr une demi-heure le matin, par exemple après al Fajr, et si possible aussi après al Maghrib. Un autre Dhikr que j'aime beaucoup est "La illaha illa'Llah". La voix du Sheikh est mélodieuse, un vrai régal ! Vous pouvez l'écouter ici : La illaha illa'Llah - Heart Soothing Dhikr. Ne dit-on pas que celui qui récite 26 000 fois la Shahada entrera au Paradis ? Quand on aime, on ne compte pas... "Invoquez-Moi avec abondance", jusqu'à discerner la lumière du "Tabernacle", car tel est le but : découvrir le visage d'Allah ! Rûmî disait que la journée n'était pas assez longue et que le sommeil durait trop longtemps pour prier son Seigneur !"